Des personnes inspirantes

Steve Jobs : Apprendre à croquer la pomme14 min read

A notre époque, lorsqu’on se lance dans le portrait des grands Hommes, il est difficile de passer à côté de Steve Jobs. En même temps, il est difficile de lui rendre hommage tant ce qu’il a réussi à accomplir est impressionnant.

C’est donc la main un peu tremblante que je vais essayer de synthétiser son oeuvre à la façon de Clever Culture. Je ne vais en effet pas m’attarder sur sa biographie, beaucoup d’excellentes sources sont déjà disponibles. L’objectif de cet article sera de réussir à identifier ses forces et les choses qu’il a déployé pour bâtir un tel empire.

Bonne lecture 😉

Les grandes réalisations sont toujours précédées par de grandes pensées

steve jobs

Steve Jobs – Avant propos et sources

Il y’a quelque chose d’ironique à ce que j’écrive un article sur Steve Jobs. En effet, je ne me suis jamais servi d’un Macintosh, d’un iPhone ou d’un autre produit Apple. Lorsqu’on m’en présente un, j’avoue ne pas encore savoir m’en servir (oui, je vais descendre la rue en me faisant huer à la façon de Cersei Lannister « Shame, Shame, Shame… »)

Ce n’est cependant pas une raison pour ne pas être impressionné par l’héritage laissé par Steve Jobs. En effet, à mon sens, la beauté de son oeuvre est d’avoir été capable de créer un empire en créant un besoin chez ses clients.

A l’instar de l’article rédigé sur Elon Musk, j’ai appris à connaitre Steve Jobs au travers de sa biographie : Steve Jobs

Couverture du livre de Steve Jobs par Walter Isaacson

J’en profite également pour mettre en avant les livres audio. Un site comme Clever Culture se doit de promouvoir les moyens de diffusion de la connaissance 😉 De plus, les biographies ont un superbe rendu avec ce format. J’utilise personnellement Audible d’Amazon car la bibliothèque est fournie (le lien proposé d’Audible est un lien partenaire, il offre un mois gratuit)

Le traumatisme de Steve Jobs

L’héritage de ses parents

Steve Jobs a eu beaucoup de difficultés à accepter le fait qu’il eut été adopté. Il a longtemps fait transparaître un mal être par rapport à son sentiment d’abandon.

Pourtant, ses parents adoptifs ont toujours été des personnes très aimantes et disponibles avec lui. Ils supportaient ses crises de colère, l’intégraient dans leurs activités (surtout son père) et ont investit une grosse partie de leurs économies pour ses études.

A l’adolescence, Steve Jobs développera néanmoins une quête d’identité profonde. Mettez tout cela dans le contexte « contre-culture » de cette période et vous obtenez quelqu’un de fortement rebelle, plutôt difficile à vivre.

Son père adoptif était cependant un artisan très talentueux. Il a appris à Steve Jobs le souci du détail et du travail bien fait.

Nous avons tous une phrase qui nous est resté de notre père. Pour Steve Jobs, cela semblait être « un bon artisan fait attention à tous les détails car même si ces derniers ne se voient pas, il sait qu’ils sont là« . Son père était un très bon mécanicien et menuisier. Ce principe a inspiré Steve Jobs dans la création de ses premiers ordinateurs car, sous le capot du Macintosh, tout était magnifiquement ordonné.

L’image parentale de Steve Jobs était donc particulière. D’un côté, il développa un mal être et un besoin de s’affirmer pour combler son sentiment d’abandon (il abandonna d’ailleurs sa première fille). D’un autre côté, il reproduira à son paroxysme le goût de la perfection qu’avait son père adoptif. Était-ce là sa façon de lui rendre hommage?

Steve Jobs
Source : dirprodformations.fr

Les pirates

C’est plus marrant d’être un pirate que de s’engager dans la marine

Steve jobs

Sa quête d’identité l’a amené jusqu’en Inde pour rencontrer un gourou. Il avait de plus un goût affirmé pour les substances psychédéliques et suivait un régime alimentaire vegan très strict.

Il était d’ailleurs persuadé que ce régime empêchait son corps de produire des toxines. Ainsi, il ne se lavait donc plus ou peu car il n’en voyait pas l’intérêt. Après tout, pas de toxine, pas de mauvaise odeur. Lorsqu’il travaillait chez Atari, on le mit seul en poste de nuit pour que son odeur n’importune pas les autres employés.

Steve Jobs était également un fan inconditionné de Bob Dylan. Plus tard, il le rencontra à plusieurs reprises et le convaincu de diffuser son oeuvre dans l’itunes. Personnellement, je l’envie d’avoir réussi à rencontrer son idole et d’avoir eu des échanges aussi riches avec.

Celui qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir

Bob Dylan

Ces différents éléments ont fait naître en Steve Jobs un caractère anticonformiste. L’image rebelle d’Apple à ses débuts reflétait complètement sa façon de penser.

Il se qualifiait, avec son équipe, de pirates.

La première publicité du Macintosh diffusée lors de la finale du Superbowl de 1984 devait donc être « aussi révolutionnaire et époustouflante que ce qu’il avait créé« .

C’est cadeau :

Publicité du Macintosh diffusée lors de la finale du Superbowl en 1984. Source : www.youtube.com

Pour la suite, Steve Jobs aura du mal à cultiver cette image rebelle. En effet, il est difficile de s’opposer au capitalisme lorsqu’on est à la tête de l’une des entreprises les plus rentables du marché boursier.

Valeur de l’action d’Apple (en $) en fonction des années
Source :
http://www.aventure-apple.com

Steve Jobs – Du rebel au PDG

Une alliance

Comme beaucoup de textes le relatent, Apple est né de l’association de deux hommes : Steve Jobs et Steve Wozniak. L’un excellait en électronique et l’autre en marketing. C’est cette alliance qui permit à Apple de se démarquer à ses débuts.

Steve Wozniak
Steve Wozniak en 2005
Source : fr.wikipedia.org

Cependant, leur façon de penser divergeait. Steve Wozniak est une personne avec le cœur sur la main, il militait pour que le Macintosh soit un système ouvert et accessible à tout le monde.

Steve Jobs a quant à lui, toujours milité pour des systèmes fermés. En effet, personne ne devait pouvoir « polluer » sa création. Il possédait de plus une accointance pour le commerce. L’ouverture du système fut par la suite la grande différence entre Apple et Microsoft. A la fin de la vie de Steve Jobs, Bill Gates a d’ailleurs dit que le système fermé d’Apple avait fonctionné uniquement grâce à la personnalité de Steve Jobs.

Steve Wozniak quitta Apple douze ans après sa création mais resta un des plus grands fans de la marque. Il met d’ailleurs un point d’honneur à faire la queue devant les boutiques Apple lors de la sortie d’un nouveau téléphone.

Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre

Steve Jobs

Il y’a un élément que je trouve incroyable : Apple fut fondé en avril 1976 et la marque plaça alors une cinquantaine d’ordinateurs chez un revendeur. Cependant, à la fin de la même année 1976, grâce à un investisseur, Apple engendra son premier million!

Ceci est un exemple très parlant du talent de Steve Jobs pour le marketing et pour la persuasion au travers son « champ de distorsion« .

Le champ de distorsion

Le livre de Walter Isaacson fait très souvent allusion au champs de distorsion de Steve Jobs. Il explique que lorsque ce dernier était persuadé de quelque chose (réel ou non), il le défendait avec une telle ferveur que son interlocuteur finissait par y croire.

Son équipe s’en amusait. En effet, lorsqu’on connaissait son champ de distorsion, il était possible d’en sortir simplement en donnant raison à Steve Jobs. Cependant, les nouvelles recrues se faisaient forcément avoir une fois.

Steve Jobs
Source : www.cadre-dirigeant-magazine.com

Une facette du personnage qui pouvait être irritante est son appropriation des idées. Régulièrement, lorsqu’une idée lui était soumise, Steve Jobs l’écartait simplement avec son légendaire « C’est de la merde« . Cependant, il revenait le lendemain en se vantant d’avoir eu une superbe idée… celle écartée la veille. Si on avait le malheur de lui rappeler l’origine de l’idée, alors son champ de distorsion agissait dans toute sa splendeur.

J’avoue avoir du mal à analyser cela. Steve Jobs était quelqu’un d’intelligent. Était-il donc conscient qu’il défendait parfois bec et ongles des éléments inventés ? Dans ce cas, son génie fut d’accepter de mettre en péril sa crédibilité pour arriver à ses fins.

Ou était-il tellement imbu de sa personne que ce qu’il pensait était forcément la réalité et la vérité ?

Quoi qu’il en soit, cette force de persuasion a fortement participé à la grandeur des entreprises de Steve Jobs.

Lorsque la technologie rencontre l’art

Steve Jobs était un perfectionniste. Il participa à des cours de calligraphie au Reed College. Lorsqu’il vit ces symboles parfaitement déssinés et les espaces minutieusement respectés, il eu une révélation et tomba amoureux de l’art.

Par la suite, il appliqua cette philosophie à tous ses produits. Des lignes épurées, rien de superficiel, aucun détail laissé au hasard… c’est ce qui fait aujourd’hui le charme d’Apple. Lorsque les gens achètent Apple, ils achètent une oeuvre d’art.

Pour arriver à cela, ses équipes ont eu affaire à un chef pugnace et très perfectionniste. Il faisait attention à tout et pouvait passer des heures sur un simple détail. Cela n’a pas du être facile tous les jours pour les salariés d’Apple…

Au final, Steve Jobs sera parvenu à insuffler cette âme à Apple : des produits performants, simples et beaux … rien de plus, rien de moins.

Cette rencontre entre la technologie et l’art, Steve Jobs parviendra à nouveau à la sublimer avec Pixar. Le rendu était tout simplement bluffant (et l’est encore).

Steve Jobs
Source : www.lefigaro.fr

Un monde en noir et blanc

Aux yeux de Steve Jobs, vous ne pouviez qu’appartenir qu’à deux catégories : soit vous étiez un génie, soit vous étiez un con.

Du coup, je me demande, était-il un bon manager ? Un homme inspirant ? Beaucoup de personnes ont quitté Apple. D’autres rapportent que ce comportement leur a permis de se surpasser.

Je pense que cela devait dépendre de l’image que l’on avait de Steve Jobs. Si on connaissait le personnage et qu’on l’idolâtrait, alors on devait tenter de lui plaire en se surpassant. Un concours avait même été organisé au sein de son équipe : le gagnant était celui qui lui tiendrait le plus tête.

IlS avait enfin le flair pour recruter les talents. Un jour, un candidat pour un poste chez Apple avait fait un flop lors de ses entretiens à cause de sa timidité. Steve Jobs l’avait croisé sur une chaise dans un couloir et lui avait demandé ce qu’il savait faire. Le candidat lui avait alors montré son programme, un ancêtre d’Adobe, et il fut embauché.

The show must go on

La création d’un besoin

Souvent, les gens ne savent pas ce qu’ils veulent jusqu’à ce que vous leur montriez

Steve Jobs

Cette citation résume à merveille une autre raison du succès d’Apple, la marque a su proposer des produits nouveaux et les rendre indispensables.

A l’instar d’Henry Ford avec l’automobile, Steve Jobs a su introduire Apple dans énormément de foyers. Il a ainsi pu profiter de l’avènement de l’ère numérique et des innovations très rapides dans le domaine.

Lorsqu’un secteur est en plein essor, il est alors possible de façonner le paradigme. Steve Jobs a ainsi senti venir le succès restreint du Netbook et a proposé la première tablette sans stylet.

Quelles sont les raisons de ce succès ? Je pense que la qualité et l’esthétique des produits ont joué énormément. De plus, le système fermé d’Apple a contribué à un sentiment d’appartenance auprès des utilisateurs. Ajoutez à cela le génie de Steve Jobs en marketing et nous obtenons une des plus grandes entreprise mondiale.

Clin d’œil aux entrepreneurs : ce doit quand même être génial de lancer sa marque et ses produits sans passer par la phase étude de marché et recherche de persona… et en plus de faire un carton 😉

Créer l’événement

Chaque lancement d’un nouveau produit Apple était (est) un événement.

Steve Jobs et le Macintosh
Source : www.theverge.com

Reprenons l’exemple du Macintosh, Steve Jobs a dévoilé son produit avec une campagne marquante lors de la finale du Superbowl! J »avais d’ailleurs envoyé le slogan de Clever Culture aux organisateurs des JO, je n’ai rien vu par la suite 🙁

Le succès de ses annonces était du, à mon sens, à deux éléments :

  • l’aura du personnage et son savoir faire dans la mise en scène
  • les innovations attendues par le public

Steve Jobs aimait présenter toutes les fonctionnalités de ses produits en proposant des scènes du quotidien. Il aimait également associer humour, ton décalé et références. C’est lors de ces conférences qu’il a d’ailleurs introduit sa fameuse phrase « Ha, encore une dernière chose…« 

L’innovation distingue clairement le leader du suiveur.

Steve jobs

Ensuite, il suffisait de laisser faire les journalistes. Entre les ovations et les articles acerbes, Apple faisait parler et suscitait donc l’intérêt…

Je trouve cette manière de procéder plutôt géniale. Il existe des produits géniaux mais sans succès car méconnus et des produits médiocres qui ont du succès grâce à une bonne communication. Les produits de Steve Jobs savaient combiner les deux.

Laisser sa trace

Steve Jobs a donc réussi à avoir autant de notoriété que Billl Gates ou Marc Zuckerberg. Ils ont d’ailleurs tous dîner avec Barack Obama pour aborder entre autre le sujet de l’éducation aux Etats-Unis.

Steve Jobs appréciait beaucoup Barack Obama. Il déplorait cependant que le président ne soit pas suffisamment libre d’agir à cause des divergences au sein de la maison blanche.

Steve Jobs lors du diner des rois avec le président Obama
Le dîner des rois (Steve Jobs est à la droite d’Obama) – crédit : La maison blanche

Les marques Apple ou Pixar ne se présentent plus. Elles ont une renommé mondiale. Steve Jobs aura donc réussi à construire des entreprises rentables et durables qui ont perduré après sa mort.

Source : www.zdnet.fr

Enfin, Steve Jobs sera devenu un modèle pour beaucoup. Aujourd’hui, son parcours, ses répliques et ses discours continuent à inspirer.

Malgré son caractère tranché et brut aux premiers abords, il était quelqu’un de profondément amoureux de l’art, de la technologie et de ses créations. Cet amour et sa passion lui ont permis de convaincre et d’insuffler une âme à ses produits.

Redécouvrez le magnifique discours de Steve Jobs donné à Stanford en juin 2005 :

Discours de Steve Jobs donné à Stanford en juin 2005 – Source : www.youtube.com

Le mot de la fin

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la vie de Steve Jobs, autant le personnage que le chef d’entreprise. Si vous souhaitez approfondir le sujet, voici le lien vers sa biographie : Steve Jobs par Walter Isaacson

Je sais que beaucoup d’articles excellents existent déjà et j’espère que vous avez apprécié ce regard croisé.

Ha, encore une dernière chose 😉 je vous invite à découvrir nos autres articles sur notre blog ainsi que notre ebook qui vous accompagnera dans votre recherche du bonheur.

Merci beaucoup pour votre lecture ! N’hésitez pas à partager et à vous abonner.

La photo de couverture provient du site : pixar-planet.fr

A bientôt et soyez heureux !

JB

Se souvenir que je serai mort bientôt est l’outil le plus important que je connaisse pour m’aider à prendre de grandes décisions dans la vie. Parce que presque tout – toutes les attentes, toute la fierté, toutes les craintes d’échec -, toutes ces choses disparaissent face à la mort, vous laissant seul face aux choses vraiment importantes. Se souvenir que vous serez bientôt mort est le meilleur moyen d’éviter le piège de penser que vous avez quelque chose à perdre. Vous êtes déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre votre cœur. Restez affamés, restez fous

Steve Jobs

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